Geneviève Férone

Le développement durable, c’est une question de temporalité. Tout le monde pense que c’est de l’eau tiède mais ce sont des arbitrages violents. Le développement durable est perçu comme quelque chose de consensuel sur lequel tout le monde va tomber d’accord. Mais lorsque que l’on commence à devoir faire des arbitrages dans le domaine de la vie quotidienne, dans les entreprises ou dans l’investissement, c’est très violent. L’arbitrage se positionne toujours sur le court terme, au bénéfice des fonctions régaliennes de l’entreprise et de la finance. Ceci pour des raisons assez simples. Toute l’économie est régulée par des indicateurs de court terme, voire de très court terme. Personne n’est responsable ni coupable. Les instruments de bord n’intègrent pas le long terme, et une partie seulement du court terme. Si seulement ils intégraient d’autres dimensions du court terme, on pourrait éventuellement s’en accommoder. C’est unidimensionnel.

Geneviève Férone est directrice du développement durable chez Veolia Environnement.

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